Lundi 22 août 2011
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Longtemps, j’ai cru que boire la mer des cinq océans était plus facile pour
moi que de gribouiller le moindre paragraphe ! Je lisais des romans, des nouvelles et même de simples chroniques journalistiques et les mêmes questions récurrentes revenaient pour me taillader
l’esprit : mais qu’est-ce qu’ils ont dans la tête ceux qui les ont écrit ? Pourrais-je un jour arriver à faire autant et à griffonner (pour ne pas dire écrire) ne serait-ce qu’une lettre de
motivation ?
Ce n’est qu’en m’essayant au tkharbich* – certain que je suis encore très
loin de l’écriture – ces derniers temps que je me suis rendu compte que pour devenir un écrivain, il suffit…d’écrire (Et je ne parle pas de l’écriture automatique des surréalistes ;-). C’est
simple comme salam a’alikom** ! Il suffit de s’y mettre, de souffrir un peu avec la première phrase et éventuellement avec la deuxième et le reste s’ensuit machinalement. J’ai découvert également
qu’écrire est un métier, un travail et moult efforts déployés. René de Obaldia ne disait-il pas que « le romancier travaille, tandis que le poète souffre ».
Je reconnais que je ne suis pas encore parvenu à écrire des chefs-d’œuvre,
encore moins de bons textes et que les récits que je rédige contiennent des fautes, peut-être même qu’ils seraient grouillants de bourdes irrémissibles mais je sais qu’en les écrivant, j’ai
appris pas mal de choses et j’ai corrigé des dizaines d’autres fautes que je commettais bêtement auparavant. Je sais maintenant qu’il ne me faut plus une éternité pour terminer deux pages, qu’une
heure me suffit largement pour dire ce que je pense et écrire un texte plus au moins acceptable. Je sais dorénavant que c’est une question de pratique continuelle, que ce n’est pas du jour au
lendemain que Yasmina Khadra a détrôné Kateb Yacine de son titre du monstre de la littérature algérienne. D’ailleurs, ne l’avait-il pas avoué à Thierry Galdeano en lui affirmant qu’il lui avait
fallu huit romans avant d’atteindre la maitrise de ce dernier.
En m’essayant au gribouillage, j’ai découvert que les écrivains n’ont rien de spécifique par
rapport aux autres êtres humains, que leur matière grise n’a pas trente-neuf couleurs et qu’elle est grisâtre exactement comme la nôtre, qu’ils ne sont pas des prophètes et qu’ils ne reçoivent
pas des révélations divines. Ils se mettent tout simplement à table ou devant un ordinateur, ils s’inspirent soit de la société dans laquelle ils vivent soit d’autres écrivains, isoit des deux
ensemble, ils lisent beaucoup et, même s’ils utilisent des dictionnaires, il leur arrive parfois de souffrir mille morts avant de tomber sur le mot approprié…
En m’essayant au gribouillage, je peux conclure qu’écrire est « un don inné mais
cultivé et entretenu par un travail incessant et par l’acquisition permanente de nouvelles compétences rédactionnelles. »
* Gribouillage.
** Paix divine soit sur vous !
Saha ftourkom !
sdje39MOTHER
Par Semaane Djellal Eddine
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