Dimanche 21 août 2011 7 21 /08 /Août /2011 12:24

Seuls les vrais fidèles – la plupart sont des vieux – rejoignent la Maison d’Allah pour y accomplir salat lmaghrib. Les ouailles CDD (contrat à durée déterminée, c’est-à-dire du seul mois de ramadan) préfèrent la bâcler chez eux, l’œil rivé sur la table. Ils s’impatientent pour y aller la rejoindre et dévorer le banquet orgiaque qui s’offre dessus. Une table bourrée de différents mets et plats, de différentes boissons et d’une variété de desserts. Ce n’est pas la peine d’attendre le retour du vieux du Masjid, il est des moments où yajouz (il est permet) de se passer des bonnes manières !

À sa sortie du Masjid, et après avoir fait salat lmaghrib (la seule qui ne dure pas très longtemps comparée aux autres et ce pour des raisons que tout le monde connait), le vieux s’étonne des jeunes qu’il croise, qui ont déjà grignoté leur Ftour et qui se précipitent vers les cafés, la clope soigneusement cachée mais clairement trahie par les volutes de fumée grimpant au ciel. Il maudit Ibliss le Malin ainsi que les parents de ces jeunes « égarés ».

Arrivant à la maison, il constate que la plupart des plats sont bouffés, que la bouteille de Martinazi qu’il avait acheté pour lui-même est presque vide et il n’en reste que la lie. Mais ce qui attire beaucoup plus son attention c’est que son fils ainé manque à la table. Sa femme lui explique qu’il a pris deux ou trois cuillères de Chorba avant de regagner sa piaule parce qu’il souffre le martyre à cause de son colon. Mais son fils benjamin la dénonce et susurre à l’oreille de son père que son frère est réellement malade mais il n’est pas dans sa carrée et il est sorti « frapper » une cigarette. Le vieux prend la télécommande et augmente à fond le son du téléviseur – mis sur la chaine Iqra’ bien sûr – afin de ne pas écouter ses pensées : il vient de s’insulter tout à l’heure et il n’est pas meilleur que les parents des jeunes qu’il avait rencontrés sur son chemin de retour.

À table, on dévore voracement dans un « clapotis désagréable » tout en rabâchant incessamment qu’il faisait très chaud pendant la journée ; les jeunes disent qu’ils rêvaient d’un verre d’eau glacial, d’une boisson de citron fraiche, la vielle enchaine qu’elle regrettait amèrement les outres d’antan. Le vieux, lui, il regarde le téléviseur mais il a la tête ailleurs et il nage dans ses pensées.

Le repas terminé, place aux éructations et aux flatulences. Les regards tournent vers le poste pour suivre un nouvel épisode de la sitcom Djamaay Family ! Elle est vachement dégoutante et complètement ratée mais on n’a pas le choix. À peine l’épisode terminé, les filles débarrassent la table tout en grommelant et pestant contre leur destin d’éternelles boniches alors que les jeunes sortent de la maison. Ils sifflent. Le vieux est immobile sur son canapé, son chapelet est par terre. Sa femme, le menton entre le pouce et l’index, le contemple religieusement. Cela fait des minutes qu’elle lui adresse la parole. Sans réponse !

Dans la rue, une cohue monstre de petits chenapans courent tous azimut. Sur des bicyclettes ou à pieds, ils provoquent un brouhaha général et ils s’en contrefichent royalement des véhicules des Mossaline qui s’évertuent précautionneusement pour se frayer un passage vers le Masjid pour Salat Tarawih. Cette dernière débute vers 21h20. Si la Maison d’Allah n’est pas vraiment pleine c’est parce que des dizaines de fidèles préfèrent s’acquitter du rite à la belle étoile afin de fuir la chaleur infernale du Lieu Saint et ils occupent alors une venelle latérale à sa droite.

Visiblement, l’imam a l’air d’hésiter entre une récitation lente et khachi’a et entre la soumission aux chinoiseries du ministère des affaires religieuses et des wakf qui a envoyé une directive à tous les imams de l’Algérie les obligeant à expédier la Salat dans un maximum de temps qui ne devrait pas dépasser le seuil des quarante minutes. Entre le marteau du ministère et l’enclume du peuple, l’imam opte pour un rythme croissant allant de la satisfaction de la plèbe à l’allégeance aux décideurs. Et puis, ce n’est pas ainsi que l’on monte dans la hiérarchie ?

La voix de l’imam s’éteint signifiant ainsi la fin des Tarawih mais d’autres voix s’élèvent. Elles proviennent cette fois-ci du dehors. Plus hautes et très insistantes. Ce sont celles des mendiants et des gueux qui quémandent devant les quatre portes du sanctuaire. Ils pleurnichent à tue-tête et ils font de leur mieux pour profiter pleinement de la générosité rare des musulmans, une générosité qu’ils savent garantie mais malheureusement éphémère. Ils ne doivent pas rater l’occasion d’un mois où ils gagnent le quadruple de ce qu’ils gagnent pendant les autres onze mois. Même les commerçants devraient les envier. Soudain, les voix implorantes des mendiants se mêlent aux tons coléreux de quelques personnes. On leur a volé leurs tongs. En effet, il ne se passe pas un jour sans que deux ou trois personnes ne soient les victimes d’un vol. Ils rentrent nu-pieds chez eux et ils jurent comme des charretiers qu’ils ne remettront plus les pieds dans un lieu censé être sacré et à l’abri de tels actes !

La flopée des fidèles se dissipe progressivement. D’aucuns récupèrent leur femme et rentrent directement at home, mais la majorité se dirige vers les cafés. Un salafi traverse la route et se pointe juste en face de la sortie réservée aux femmes. Bien qu’elle soit une place suspecte mais il ne faut pas le soupçonner, c’est un type pieux et il devrait attendre quelqu’un, un ami peut-être. Mais ce quelqu’un n’est autre que sa voisine. Elle est sortie. Il l’a vue. Elle l’a aperçu. Il lisse sa barbe. Elle ajuste son voile. Il a compris. Elle a pigé. Ils sont heureux.

Il faut sinon combattre, du moins connaitre le café-man pour pouvoir s’arracher une chaise sur la terrasse d’un café. Il y en a plus qu’une dizaine à Tizi N’Brahem mais pendant le ramadan il en faut encore autant pour accueillir les illustres noctambules annuels et les incalculables nouveaux veilleurs-jusqu’à-l’aube mensuel. Le café-man se frotte joyeusement les mains. Il en est au troisième plateau de « kalb louz » et cela fait une heure qu’il a liquidé tout le flan qu’il avait commandé pour la soirée. Il aurait dû commander le double. Il le fera demain inch’Allah.

Autour des tables, les jeunes parlent de rien plus que de tout. Ils répètent presque les mêmes frivolités insignifiantes. Celles dont ils ont parlé hier et sûrement celles qu’ils radoteront demain. Leurs causettes s’interrompent sporadiquement par les algarades des joueurs de dominos. Et quand ces derniers en viennent aux mains, les uns interviennent pour y mettre un terme mais beaucoup préfèrent quitter les lieux et rentrer à la maison. Ceux qui y restent, ils fixent leurs mirettes sur l’écran du téléviseur. Le lecteur DVD branché, ils suivent attentivement le film projeté. Ils adorent les films d’action, la vitesse incroyable de Bruce Lee et les muscles herculéen de Jean-Claude Van Damme l’emportent largement sur le charme de Romain Duris et le charisme de Morgan Freeman.

Sur les coups de 3h30 du matin, le café-man, bigrement content de la recette du jour, sort son seau et son frottoir pour signifier aux assistants qu’il est l’heure de la fermeture. Même s’ils chavirent de sommeil et de fatigue – y a même ceux qui, la tête posée sur la table, ronflent copieusement -, ils le supplient pour qu’il les laisse terminer le film. Il en reste pas beaucoup et ils veulent savoir s’il va le tuer ou non. Ils attendent en particulier le long baiser final qui marque souvent ce genre de film. Le bon a tué la brute et il a embrassé la belle ! Longuement ! Voilà un très bon film et un happy end.

On a sacrément intérêt à rentrer chez soi sinon on risque de louper le repas du S’hour. La porte est étrangement ouverte. Ce n’est pas la peine de « biper » à son frère pour l’ouvrir. Mais derrière la porte, il y a une très mauvaise surprise. Ça a l’air d’une silhouette humaine. Oui, elle l’est évidemment. C’est le vieux, un manche à balai à la main, il est fou de rage. Il s’acharne furieusement sur son rejeton. Sa femme se refuse d’intercéder et elle se contente de suivre tristement la scène tout en se morfondant. Elle sait que son époux ne s’arrêtera jamais tant qu’il ne lui aura pas astiqué le portrait !

Et ainsi se reproduit quotidiennement et durant tout un mois le même scénario, le même train-train : beaucoup de « dormiration », un peu de Salat, les corps-à-corps et les mêlées, le Ftour, les Tarawih et la veillée ! Serait-il vraiment cela le vrai sens du ramadan ? Est-ce vraiment ainsi qu’un bon musulman doit agir ? Je ne pense pas ! Je ne le crois pas d’ailleurs… Mais tout est justifiable et acceptable puisque je vous ai dit dès le départ que dans mon petit patelin, malheureusement le ramadan n’est plus un mois sacré !

 

Saha Ftourkem!

sdje39MOTHER

Par Semaane Djellal Eddine
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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 12:06

George Clemenceau disait que «l'anglais, ce n'est jamais que du français mal prononcé». Et moi j'affirme de mon côté qu’une bonne partie du kabyle et de l'arabe dialectal algérien ne sont aussi que du français mal prononcé!

 

Tout à l’heure, lors du « dars d’aljomoaa », notre imam a utilisé une expression en français, celle de « c’est le geste qui compte », une expression que tous les Algériens utilisent et connaissent le sens. Près de moi, deux salafistes se sont regardés et échangé des rires moqueurs ! Pour eux, il ne fallait pas l’utiliser et seule la langue arabe a voix au chapitre dans un tel lieu. J’admis volontiers qu’un bon musulman doit impérativement avoir une très bonne maitrise de la langue du Noble Coran mais cela ne l’empêche en aucun cas d’apprendre ou de parler d’autres langues.

Dans son essai « Les Identités meurtrières », paru en 1998, Amin Maalouf insiste que pour être digne de vivre parmi les gens du vingt-et-unième siècle, il faut que l’individu maitrise au moins trois langue : sa langue maternelle bien sûr, l’anglais étant la langue universelle et une troisième langue (que ce soit l’espagnol, le chinois, le français, …). Mais en Algérie, il parait que nous ne sommes pas du même avis que celui de l’écrivain libanais.

En effet, et depuis l’indépendance de notre pays, nous assistons à un débat houleux et à une opposition acharnée entre les francophones d'une part et les arabophones de l'autre. Ces derniers accusent les premiers d’être un prolongement indirect du colonialisme et de faire partie de « hizb frança » tandis que les accusés trouvent que leurs accusateurs sont cloitrés sur eux-mêmes et qu’ils sont complètement hors du temps.

En fait, nous pouvons s'étaler longuement sur un tel sujet mais nous préférons ne pas y aller par quatre chemins et dire laconiquement que ni les premiers ni les seconds n’ont raison. Cette variété linguistique et ce foisonnement de langues doivent faire la fierté de l’Algérie car c’est une richesse que nous devons protéger et pérenniser. Et c'est aussi simple que ça! 

Par Semaane Djellal Eddine
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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 12:00

            Hier soir, accoudée au balcon, ma mère était à l’affût d’une bouffée d’air frais qui pourrait lui permettre de s’en remettre des affres des quatre heures qu’elle avait passées dans la cuisine. Je l’ai rejointe pour l’embrasser sur son front et passer ma main par-dessus son épaule. Chez nous, il est inconcevable de voir une femme sortie au balcon mais l’obscurité de la nuit s’est chargée de dissimuler la silhouette de ma mère.

            Elle était littéralement étonnée en voyant des dizaines de grappes de galopins qui envahissent rageusement une route chichement éclairée par des lampadaires anémiques. Ils courent dans tous les sens, à pieds ou sur des bicyclettes qu’ils louent à 5 D.A. la tournée.

            À une dizaine de mètres de chez nous, un tumulte s’élève. Une foule folle de gamins sortie d’une salle de jeux. Ça a l’air d’une bagarre et des grossièretés fusent de toutes les bouches. J’ai quitté ma mère en prétendant que j’allais faire mes ablutions pour partir au masjid. Plus tard, mon cousin m’a expliqué que quatre enfants d’une même famille se sont acharnés sur un gosse d’un douar avoisinant. Mon Dieu! Le tribalisme existe toujours chez nous… je vous ai dit que dans mon petit patelin, malheureusement ramadan n’est plus un mois sacré !

Par Semaane Djellal Eddine
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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 11:48

Dans mon petit patelin, malheureusement le ramadan n’est plus un mois sacré. La canicule imparable y est peut-être pour quelque chose, mais c’est d’autant plus à cause des gens et de leurs agissements. À l’instar de tous les petits villages de l’Algérie, et de toutes les grandes villes d’ailleurs, la vie y commence timidement vers 13h30, juste après la salat de dhou’hr, et atteint son paroxysme après celle d’Al’aasr. Pour les soi-disant musulmans, le monde, et en particulier pendant le mois de carême, appartient à ceux qui dorent trop et la grasse matinée est aussi une suna (Tradition) juste comme le S’hour et les Tarawih. Presque tout le monde se lève peu de temps avant la prière du midi (certes on dort, mais on ne badine pas avec la salat !). La majorité étant en vacances, ils n’ont rien à faire pendant toute une journée qui, dès l’aurore, s’annonce déjà chaude et longue, voire interminable. C’est avec une grande difficulté que les personnes se détachent de leur mine renfrognée et qu’ils commencent à esquisser un semblant de sourire en se rendant compte que la moitié de la journée est déjà passée sous les draps. Mais il n’y a pas lieu de s’en réjouir vraiment car il en reste une autre, la plus difficile surtout.

 

Avec un enthousiasme exceptionnel et surprenant, tout le monde, à peu d’exception près, se rue alors vers le Masjid. Il est plein à craquer. On s’acquitte convenablement de ta’hiyat lmasjid et on prend un mas’haf pour aller dans son coin et entamer la récitation du joz’ (partie) du jour. Le bourdonnement des lecteurs du Livre Saint rappelle une ruche en pleine activité. La salat accomplie, c’est à ce moment précis que l’on comprend le pourquoi de ce rush inhabituel vers la Maison d’Allah. Grâce aux climatiseurs (made in là-bas par des «mécréants» et utilisés ici par des «croyants» !), l’air y est superbement frais et il n’y pas meilleur endroit pour fuir un soleil de plomb et pour faire une ou deux heures de kief. À plat ventre ou sur le dos et les mains en croix, les fidèles sont assoupis dans un sommeil du juste. Mais c’est déjà la salat d’Al’aasr. On se lève à contrecœur et on refait ses ablutions. Le « rituel » accompli, ils quittent le Masjid aussitôt le taslim est prononcé.

 

Les cafés étant fermés et les jardins publics de détente et de loisir sont des rêves d’un autre temps, les uns – juste à côté du masjid dont la petite place est devenue un bazar –  font alors le « lèche-échoppes » et délient la bourse pour des emplettes à bras-le-corps, tandis que les autres se disputent les rares places ombragées pour s’entasser en groupuscules épars et ils regardent passer et les gens et le temps. Ils savent qu’ils auront de quoi tenir le coup jusqu’au maghrib, les rixes et les bagarres sont des grands classiques pendant le ramadan. Ça bouchonne sur la route et la file indienne de la circulation s’étale sur des dizaines de mètres pourtant je n’habite pas Manhattan, pourtant c’est à Tizi N’Brahem que je vis, que j’existe plutôt. Cela n’est dû ni à un accident ni à quelconques travaux publics, c’est à cause des vendeurs à la sauvette qui occupent entièrement les trottoirs et une moitié de la route pour y étaler toutes sortes de denrées et de marchandises, mêmes les œufs et Sarmouk bien sûr (notre Hamoud Boualam à nous)

 

À partir de 19 heures, le brouhaha se diminue progressivement. Mais encore de longues quarante-cinq minutes nous sépare du A’dhan salutaire (l’appel du muezzin). Le soleil s’apprête à disparaitre dans l’horizon et les plus avides des vendeurs qui sont encore là jugent qu’il est temps de lui emboiter le pas et décident finalement de plier bagages et de ranger leurs marchandises. À regret, ils s’éclipsent des trottoirs laissant derrière eux des détritus de fruits abîmés et des tas de légumes pourris. Des débris qui se rajoutent aux ordures jetés çà et là constituant ainsi le nouveau décor de mon village car cela fait plus d’un mois et demi que ses éboueurs sont en congé payé. Faute d’un terrain pour être utilisé comme une décharge publique, toute la bourgade offre volontiers ses coins pour accueillir nos déchets et nos immondices ménagères. C’est pour cette raison que les étrangers de passage trouvent que l’odeur de mon petit patelin est fétide et nauséabonde, mais nous, ses habitants, et à force de s’y être habitués, nous nous ressentons absolument rien…

 

Encore 10 minutes. Pas âme qui vive. Les rares riverains, tous avec un sachet à la main !, pressent le pas pour rejoindre leurs foyers tout en faisant attention aux voitures des retardataires qui foncent à toute allure, faisant ainsi fi du code de la route et des dos-d’âne qui jalonnent la route. 60 secondes, comme le temps passe si… lentement ! Elles apparaissent sans fin, éternelles. Bon sang, quelle torture !! 3 secondes, deux, une… Eurêka ! Mais non, attendez, y a encore rien. Il faut peut-être tendre l’oreille. Non. L’appel ne retentit pas. Est-ce un problème dans les montres ? C’est impossible que toutes les montres des villageois soient « déréglées » !! Ça doit être sûrement les haut-parleurs de notre Masjid. Quelle déception…

 

Allaho Akbar, Allaho Akbar ! (Dieu est Grand)

 

Non, ce n’est pas un problème de « baffle » mais de ponctualité chez les Algériens et les Imams ne dérogent pas à ce « principe » !!

 

(à suivre)

Par Semaane Djellal Eddine
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Jeudi 18 août 2011 4 18 /08 /Août /2011 11:39

                Qui des habitants de Tizi N’Brahem n’a jamais connu ou entendu parler de A’mi lHocine Orzik (Oncle Hocine fils d’Arezki) qu’Allah ait son âme, un vieil homme réputé pour son ébriété éternelle, sa haine pour son gendre et sa famille mais, toutefois, il est très apprécié pour sa « sagesse » légendaire.

               Un jour, sa femme qui rentrait, très colérique, d’une fête de mariage, lui a dit :  « Écoute ô homme : lors de la fête, toutes les femmes parlaient de toi. Elles disaient que tu étais un salaud, un vrai ivrogne et que tu ne faisais que boire du vin et blasphémer. »

                D’un ton indifférent, il lui a répondu : « Anchtha dhchghlansante ! (Ça, c’est leur affaire !) »

                Elle a poursuivi : « Mais tu dois cesser de boire et revenir au droit chemin comme tous les vieux hommes. Tu es à l’automne de ta vie et il ne te reste que quelques jours dans l’ici-bas. Tu as intérêt à te préparer à ce qui t’attends là-haut. »

                Détournant son regard d’elle, il a lâché : « Anchtha dhchghliw ! (Ça, c’est mon affaire !) »

                N’en pouvant plus et à bout de nerf, sa femme s'est levée et a hurlé à pleins poumons : « Et puisque c’est comme ça, je ne resterai plus jamais avec toi ou là où tu es ! »

                Se dirigeant vers la porte pour sortir, il lui a dit : « Anchtha dhchaghlim ! (Ça, c’est ton affaire !) »

 

Par Semaane Djellal Eddine
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  • Étudiant en deuxième année Magistère Français à l'Ecole Doctorale Algéro-Française de Batna (EDAF). Enseignant vacataire à l'université de Sétif! Enseignant au Lycée...
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